Les origines du village
Les premières mentions écrites de Diebolsheim remontent à l’an 803, sous l’appellation Dubileshaim. Au Moyen Âge, une partie du territoire dépendait de l’évêché de Strasbourg. En 1422, le domaine passa entre les mains des comtes d’Andlau, qui firent ériger un château à l’est du village, près de l’Ischert. De cette époque ne reste aujourd’hui que la rue du Château, dernier vestige de cette construction.
Un village marqué par le Rhin
Avant la construction du Grand Canal d’Alsace (1959–1964), la localité subissait fréquemment les crues du Rhin, les plus importantes ayant eu lieu en 1398, 1480 et 1910. Depuis la régulation du fleuve et l’installation de l’usine hydroélectrique, le village est à l’abri de ces inondations.
Les barons de Castex et l’IMPRO Sainte-Elisabeth
Une branche des barons de Castex choisit Diebolsheim pour y établir une résidence seigneuriale. Après la Seconde Guerre mondiale, et en l’absence d’héritiers, la propriété fut acquise par les œuvres diocésaines et convertie d’abord en maison de retraite, puis en institut médico-professionnel pour jeunes filles – l’IMPRO Sainte-Elisabeth – accueillant environ 50 pensionnaires.
Le village au début du XXe siècle
On trouve encore aujourd’hui au centre du village des maisons alsaciennes typiques du XVIIIe siècle ainsi qu’une balançoire évoquant le conte d’Hansel et Gretel, rappelant le charme traditionnel du lieu.
Diebolsheim est un village de la plaine, situé au bord du Rhin dans le Ried Noir oû subsistent quelques prairies typiques avec leur faune et leur flore spécifiques. Proche de Strasbourg et donc facilement accessible, il vous offre cependant un dépaysement total.
La Première Guerre mondiale vue par l’instituteur Eschlimann
Grâce au maître d’école Eschlimann, installé à Diebolsheim en 1913, nous possédons une chronique détaillée des événements vécus par les habitants entre 1914 et 1918. Ses notes témoignent du quotidien d’un petit village alsacien en période de guerre.
1914 : l’orage éclate
En 1914, l’école comptait 66 élèves. Les moissons s’annonçaient prometteuses quand, le 31 juillet, l’état de guerre fut affiché à la mairie. Le lendemain, la mobilisation générale fut décrétée et 28 hommes quittèrent le village. Les chevaux furent réquisitionnés et les troupes allemandes s’installèrent. Dès octobre, les habitants organisèrent des collectes pour les blessés. Malgré la peur, la population espérait une guerre brève.
1915 : le début des privations
Dès mars 1915, le rationnement du pain entra en vigueur et la population fut répartie en deux catégories selon qu’elle exploitait ou non des terres agricoles. Les statistiques montrent une activité agricole encore soutenue. L’électricité fut installée à la mairie, à l’église et à l’école à la fin de l’année, marquée aussi par le décès de sœur Philomène Losson. Le village s’organisait désormais dans un quotidien de guerre.
1916 : une vie sous tension
Au début de 1916, Diebolsheim accueillit des familles réfugiées venant du sud de l’Alsace. L’armée réquisitionna le bétail et les prix des denrées flambèrent. On nota aussi l’introduction de l’heure d’été, jugée peu utile par l’instituteur. Malgré tout, les travaux agricoles continuaient tant bien que mal.
1917 : les sacrifices se multiplient
L’année 1917 vit passer une compagnie de pionniers bavarois revenant du front roumain. Les cloches de l’église furent démontées pour être fondues et transformées en canons, tout comme les tuyaux de l’orgue dont l’étain servit à l’effort de guerre. Les appels aux dons se succédaient. En décembre, le recensement fit état de 425 habitants seulement, et la guerre semblait sans fin.
1918 : la fin d’un long calvaire
En 1918, la situation économique s’effondra : les prix explosèrent, l’école ferma temporairement à cause d’une épidémie de rougeole, et les nouvelles du front devinrent de plus en plus sombres. L’instituteur cessa sa chronique le 1er octobre. Un mois plus tard, l’Armistice mit fin à plus de quatre années de souffrances. Diebolsheim pleura la perte de vingt jeunes hommes morts sur différents fronts.
Remise de la Croix de Guerre à la commune de Diebolsheim (14 juillet 1949)
Remise par le général DE LATTRE DE TASSIGNY de la Croix de Guerre du Régiment à la commune de DIEBOLSHEIM, le matin du 14 Juillet 1949, lors d’une prise d’armes place KLEBER à STRASBOURG. La Croix de Guerre 39–45 a été attribuée à 26 communes dans le Bas-Rhin et à 38 dans le Haut-Rhin.
Face au général, le maire Auguste ADAM avec, à sa droite, Marie-Rose FRANTZ et, à sa gauche, Marguerite ANDLAUER. Au second rang Georges KNOBLOCH (masqué) et UHL Victor.
Photo aimablement transmise par Christian Adam www.malgre-nous.eu/remise-de-la-croix-de-guerre-a-la-commune-de-diebolsheim-14-7-1949
Diebolsheim et les fleurs
La commune doit son exceptionnel fleurissement à l’abbé Wendling (1906-1990), arrivé à Diebolsheim en 1942, qui, après avoir enlevé et désamorcé plus de 4000 mines que la guerre avait laissées derrière elle, s’occupa de l’embellissement du village. Il entreprit notamment de redonner à la grotte non loin du village, route de Zelsheim, un lustre qu’elle avait perdu. Il remplaça, construisit, défricha, aménagea et décora le site pour en faire un lieu charmant. Le fleurissement est maintenant l’oeuvre des habitants et de la commune : tout le monde se retrousse les manches. Obtenant 4 fleurs au concours national dès 1964 – label maintenu sans interruption jusqu’à aujourd’hui.
Chaque printemps, Diebolsheim célèbre son emblématique « Marché aux Fleurs » un rendez-vous incontournable devenu tradition annuelle depuis plus de 38 éditions. Organisé début mai dans le cœur du village – autour de la rue de l’Église, de la rue Abbé Wendling et de l’école maternelle –, cet événement réunit horticulteurs, pépiniéristes et artisans pour proposer une profusion de plantes, compositions florales et produits locaux, dans une ambiance conviviale familiale.
Ce marché printanier attire chaque année des centaines de visiteurs du Ried alsacien et perpétue l’identité fleurie de cette commune authentique du Bas-Rhin.


